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BelleGraffitiVille



Belleville est un quartier parisien qui ressemble parfois à un petit village graffé, et ce depuis longtemps. C'est dans ces ruelles que le PGC a établit son QG, d'abord en portant le projet-blog des 3mursduXXe, puis en co-gérant aujourd'hui la programmation de la galerie alternative Frichez-nous la Paix.

Pour faire honneur au Belleville Zoo et évoquer cette histoire du graffiti local, le PGC tenait à proposer BelleGraffitiVille, une histoire partielle du graffiti à Belleville.
Ce moment a réunit une expo photo, une performance graffiti et des projections. Avec, en clou du spectacle, deux documentaires vidéos réalisés spécialement pour l'occasion (voir plus bas).

Expo photos

Près de 1200 photos ont été exposées à Frichez-nous la Paix du 5 au 14 mai, toutes prises dans le quartier ces huit dernières années. Neuf photographes habitués des lieux ont réuni leurs clichés pour l'occasion...
Photos présentées par JeremyDP, Le Bucéphale, Mouarf, Startape, Syl, Tat, Thias, Vito et 36:15.

Pix Thias

Pix Tat, Syl, Thias

Pix Thias


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Performance graffiti

Le jour du vernissage a permis d'assister à un grand dépucelage, celui des TSF (PAPY, MILOUZ, HOPARE, KROL) et de LIMO (ONOFF) à Dénoyez. Ils n'avaient jamais peint ce mur!
Invités à rencontrer le quartier, les cinq compères ont dessiné Belleville, haute-perchée sur sa montagne dominant Paris, toujours en fièvre là-même où s'éteignait la dernière barricade des Communards il y a 140 ans.

Pix tat

Pix Tat, Syl, Thias

Pix Thias
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Un cadre blanc trône au milieu de la fresque, dédié à la projection de vidéo et de diaporama dès la nuit tombée...

Pix Thias

Pix Tat, Syl, Thias

Pix Thias

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Documentaires vidéo

Act.1# - BelleGraffitiVille

Mais cette histoire, déjà partielle, aurait été bien trop incomplète sans les mots des principaux intéressés. Ceux qui connaissent l'histoire graffiti du quartier sont les mieux placés pour la raconter... Alors c'est caméra au poing que nous sommes parti les interroger pour qu'ils racontent Belleville, sa mixité sociale, sa culture squat, l'histoire de ses terrains...

Au programme de ce documentaire filmé à l'arrach' et monté en un temps record pour être diffusé au vernissage, 26 minutes de vidéo avec des commentaires de SPOT, NASCIO, POPAY, SP38, JEAN FAUCHEUR, Sylvie de Frichez-nous la Paix, SAM LE COEUR, KANOS, SKIO, SETH, SANER, DJA'LOUZ, 36:15, LA MOUCHE, MARINO, JeremyDP, Chantal Rader du Conseil de quartier de Belleville.


Conseil : ça bug en plein écran / regarder cette vidéo ici et laisser charger avant de lancer la lecture
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Act.2# - Innovations et dispositifs graffiti dans le nord-est parisien
Pour compléter ce regard sur le passé, nous avons aussi enquêté sur les innovations qui voient le jour actuellement en matière de street art / graffiti dans les quartiers du nord-est parisien.
Les rencontres avec Nathalie Maquoi de la Mairie du XXe, avec Frank et Nicolas du Conseil de quartier de l'Hopital St-Louis, mais également avec les équipes des Petites Urbanités Libres et de Paris Street Art donnent un aperçu de certains dispositifs fraîchement à l'oeuvre.

Comment repère-t-on les murs ?
Y'a-t-il des lieux qui ne servent à rien dans la ville ?
Comment négocie-t-on les autorisations ?
Combien de temps durera encore le mur Pyrénées ?
Bientôt de nouveaux espaces d'expression libre ?
Une demi-heure de vidéo qui abordent ces questions, sous un angle associatif ou institutionnel, et qui esquisse certains enjeux actuels hérités de cette longue tradition d'intervention urbaine entretenue dans les quartiers populaires de Belleville et des alentours.


Conseil : ça bug en plein écran / regarder cette vidéo ici et laisser charger avant de lancer la lecture

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Billet by Thias
Pix by Tat, Syl, Thias
Vidéos by Thias, Mouarf
Site de PAPY, HOPARE, LIMO
READ MORE - BelleGraffitiVille

Replik donne la réplique au PGC

Le monde du graffiti c'est, en plus de la peinture, des rencontres, des discussions, des projets partagés. Nous avons rencontré JONE à plusieurs reprises rue Dénoyez, à Belleville. Il y a quelques mois, il nous a proposé de faire un article dans le journal REPLIK dont il fait partie.

JONE, pix Thias

JONE, pix Thias

JONE, pix Tat
« Réplik est un journal d’expression libre réalisé par une équipe de jeunes bénévoles de 15 à 30 ans. Édité et financé par la mairie de Chelles (77) le contenu éditorial est défini de façon autonome et collective par l'équipe de rédaction constituée d'illustrateurs, rédacteurs, photographes et graphistes. Totalement libre dans le choix des sujets, la publication se fait sans contrainte publicitaire et politique, elle correspond aux attentes et aspirations de l'équipe rédactionnelle. Journal de quartier créé en 1997, Réplik en est aujourd'hui à près de cinquante numéros publiés et diffusés gratuitement. Vous en trouverez essentiellement dans le 77, mais aussi dans certaines facultés parisiennes et très bientôt à la galerie "Frichez Nous la Paix", rue dénoyez dans le 20è.
Le journal est en permanence à la recherche de nouvelles plumes, réunion tous les jeudis à 21h dans un local du centre-ville de Chelles (à côté de la gare, à 15min de gare de l'est).

Dernier numéro de Réplik
"Racontez nous une histoire" nous a-t-on dit. Le PGC s'est alors pris au jeu en se mettant dans la peau de passants qui sillonnent et habitent Belleville : une photographe, un enfant, une dame âgée et un graffeur. Un regard multigénérationel qui observe le décor coloré des mus de Belleville.

***
Depuis que j’ai posé mes premières pierres à Belleville, je n'ai jamais connu la monotonie. J'ai pris des rides, mais les chirurgiens des murs me transforment à coup de bombes en quelques heures. Et me voilà sous les projecteurs... Aujourd’hui, c'est sous le regard d’Emma, la photographe, de Zoran, 5 ans et de Colette, 82 ans, que je suis la muse de Nicolas et de son crew...

Frichez nous la paix, pix Tat

Emma,
40 ans,
passionnée de photographies


Ambiance Rue Dénoyez - Pix Tat

Toujours à la recherche de quartiers atypiques à photographier, là où il y a de la vie dans les rues et de l’art urbain, mes pas m’ont amené jusque Belleville. Je m’en vais boire un verre à la terrasse des Folies, café mythique de l’époque de la Commune. Le boulevard grouille de monde, sur le trottoir on parle toutes les langues. On est loin du Belleville découvert au travers les mots de Pennac et les photos de Ronis, mais on ressent encore une vraie âme dans ce quartier ; les gens se saluent, s’arrêtent pour discuter, on se croirait dans un « village moderne ».À l’angle du café, part une rue pavée, la rue Dénoyez, un festival de couleurs ! Les murs et les devantures sont recouverts de graffitis, de peintures, de collages et messages divers. Il y en a partout, un vrai musée à ciel ouvert ! Même des pots de fleurs décorés, embellissent la rue. Certains habitants ne semblent ne pas y prêter attention, d'autres, au contraire, s'arrêtent et commentent ce qu'ils voient. Il y a aussi ceux qui comme moi, de passage, découvrent cette multitude de couleurs et d'art varié. Un petit groupe est réuni devant la galerie "Frichez-Nous-la-Paix". Bières à la main, clopes au bec et des bombes aérosol aux pieds, il semble que ça va peindre sur les murs.

KANOS, pix Syl
L'Ermitage sous la neige, pix Thias

Zoran,
5 ans,
aime la couleur

DEFCO - Pix Mouarf

Papa m’emmène souvent dans cette rue, j’l’aime bien, elle est belle, y a des couleurs partout, pas comme ma rue à moi, où on habite avec papa, qu’est toute grise et qui sent pas bon.
Ici y a toujours des gens, des rigolos même, et puis c’est des gens très gentils, ils me font des blagues.
L’autre jour, papa m’avait dis qu’il m’emmenait voir de la peinture, et au début je ne voulais pas venir, parcequ’une fois la peinture elle était sur des tableaux dans un musée, et je n’avais pas le droit de parler, et c’était pas marrant. Mais là, il m’a dit, ce n’est pas pareil, on a le droit de rigoler, de parler fort, et les gens ne font pas de la peinture sur des tableaux, leurs tableaux, c’est les murs, et ça ça me plait beaucoup.
Je vois de tout sur ces murs, des dragons, des spiderman, des fleurs, et puis des fois juste des couleurs, des écritures, des p’tits bonhommes, c’est trop bien.
Je vais en parler aux copains, et je vais leur dire que là-bas, à Belleville, c’est trop chouette, et quand je serais plus grand, je voudrais peindre sur les murs.

BOMKS, GERSO, JADE, REVE, KANOS - Pix Tat

MPE, LA MOUCHE - Pix Tat

Colette,
78 ans,
belleviloise nostalgique

ADOR, pix Syl
Belleville c’est toute ma vie. Nous avons changé, évolué, pris des rides ensemble. Mais elle, elle a su renaître sous diverses formes. C’est bien ça la magie de Belleville : un Paris d’antan dans un monde actuel, coloré et multiculturel.
Moi, je suis restée nostalgique. Même si mon Maurice est parti, je continue à suivre notre quotidien. Alors j’erre à la recherche d’éléments qui me donnent l’impression d’être auprès de lui. Et c’est toujours au coin de la rue Dénoyez que je commence ma journée.
Maurice c’était un artiste. Il aimait aller rue Dénoyez voir ce mur coloré. Il pouvait rester là des heures. Moi, je ne comprenais pas. Pour moi ces jeunes dégradaient mon quartier. Il me disait que je jugeais trop vite et que ces jeunes avaient un vrai talent.
Alors pour lui, depuis sa mort, j’y viens tous les jours. Je reste là un moment, j’écoute, je regarde. Au début je passais quelques minutes seulement car ces jeunes avec leurs masques et leur peinture ne m’inspiraient pas confiance. Mais peu à peu je suis restée pour voir ce qu’ils faisaient...et c’est vrai que c’est beau. J’aime surtout les personnages et les traits de couleurs, on dirait de la typographie mais je ne suis pas sûr car je n’arrive pas à lire ce qu’ils écrivent. Alors, un jour je me suis lancée et j’ai posé quelques questions à un de ces artistes. Il m’a dit qu’ils écrivaient « leur blaze », une sorte de surnom, et que parfois ça pouvait être « des flop, de la 2d ou de la 3D ». Ce langage de jeune me dépasse. Je n’arrive toujours pas à lire. Mais, c’est connu les jeunes de nos jours ne s’appliquent pas pour écrire. Ou peut-être c’est à cause de mes nouvelles lunettes double foyer qui ne me permettent pas de voir ce relief dont il m’a parlé.

Regard derrière les feuillages sur KATRE, pix Mouarf


Nicolas,
26 ans,
graffeur


M147 - Pix Mouarf


Belleville zoo station. Dix minutes de retard. Ca reste honnête. Du people à la terrasse des Folies. Ça se dore la pilule en bonnet sous le soleil sec de février. Les gars sont là et m’attendent devant la Friche.
« T’es presque en avance Pierrot ! »
Chek Pisto. Chek Ben. Chek Toitoine. Mon arrivée coupe la causette entre Ben et un minot qui semble intrigué par les sprays sortis des sacs. Le petit me dévisage mi- surpris mi inquiet. « Ici, c’est pas le musée ! » me lance-t-il avant que son père le récupère pour lui moucher le nez. Je souris.
Rouge, gris, marron. Pas d’autres couleurs en stock et pas de quoi en acheter ce mois-ci. Je trace mes quatre lettres sans réfléchir, instinctivement. Pisto branche le père du gosse sur la Forge et l’Ermitage, les autres spots du quartier. Apparemment, le gosse en redemande et ils vont continuer la balade graffiti.

Un attroupement de badauds s’est formé derrière nous et une vieille me fixe avec un regard nostalgique. Avant d’entendre le couplet « J’aime pas les tags, mais c’est beau ce que vous faites », je repars casque aux oreilles sur ma pièce que je finis en deux/deux.

En fin de journée, Sarah m’appelle.
 _ « T’étais où aujourd’hui ? »
_ « A Belleville city zoo »
_ « Mmmh. T’as des couleurs plein la tête alors ? »
Je souris.
 _ « Oui »

NOUR, pix Syl

KEBE, pix Thias

ADOR et JEANSPECIAL, pix Thias



Replik1@gmail.com
facebook : « journal réplik »
Le site de Jone
Textes et Pix by Thias, Syl, Tat, Mouarf
Le blog des trois mur : Dénoyez, la Kommune et l'Ermitage
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De la rue aux salles obscures... JR à l'affiche

JR en action (Pix Tat)
C’est la rue qui a donné un coup de pousse à cet ancien taggeur en lui offrant un trésor perdu : un appareil photo… En acceptant ce cadeau, JR devenait alors son serviteur : il devait la parer des plus belles images et surtout montrer au monde entier qu’elle avait des yeux et qu’elle était loin d’être muette…

Le PGC avait déjà suivi les projets de JR (voir billet), « Portrait d’une génération » et « Face 2 Face ». Voici le troisième volet de son travail : « Women are heroes »…

Collage de JR lors de la Nuit Blanche 2009 (Pix Mouarf)

Le projet

En 2008, le projet «Women are heroes» débute. « Un projet dans lequel il souligne la dignité des femmes qui sont souvent les cibles de conflits » (site de JR). Il se rend alors à Sierra Leone, au Libéria, au Soudan, en Inde, au Cambodge mais aussi dans le bidonville de Kibéra au Kenya et au cœur de la favela Morro da Providencia au Brésil.

JR immortalise ces femmes puis « tire de très grands formats de ces portraits et les colle sur leurs lieux de vie: murs, toits, sols, ponts, camions, trains, ou bus sont recouverts de ces portraits géants, et portent à la vue de la population locale le regard si expressif de ces femmes. » (Présentation du projet). Il recouvre alors de papier la favela de Providencia ou de bâches plastifiées les toits de Kibéra. Ce sont les villes toutes entières qui ont participé aux collages de ces portraits. Une image fort symbolique de toute une communauté qui soutient ses femmes…

Des expositions…
Ces lieux ont souvent été l’objet d’articles traitant de la violence et de la pauvreté, mais aucun message d’espoir. L’artiste n’a pas seulement voulu recouvrir les foyers de ces personnes avec le portrait de leurs habitantes, il a organisé des expositions in situ ouvrant les portes de ces lieux au monde extérieur.
L’objectif était aussi de faire voyager l’histoire de ces femmes et de sensibiliser les occidentaux. Les portraits sont alors affichés dans les rues de Bruxelles, Londres et Paris.

A Paris
Lors de la Nuit Blanche 2009, sur plus de 700 mètres de long, JR a recouvert les murs de l’île Saint Louis de ces regards immortalisés tout autour du monde.

L'Ile Saint Louis (Pix Thias)

Pix Tat

Pix Tat

Pix Mouarf
Comme l’explique JR cela représentait « pas moins de 6 km de bande de papier, que nous collons au millimètre près, en jouant avec les accidents de la pierre pour exposer au mieux les photos ». (article le Parisien)

et 1 km de papier...(Pix Tat)
...2 km de papier (Pix Tat)
Les échaffaudages (Pix Mouarf)

Les échaffaudages (Pix Tat)

Pix Tat

Cutter en main, JR et son équipe s'adaptent au support...

Les pierres du l'île Saint Louis (Pix Mouarf)

Détail (Pix Tat)
Pas moins de quarante bénévoles sont venus mettre la main à la patte « C'est de l'art collectif, assure-t-il, en mettant en avant ses amis, collaborateurs, stagiaires. Ils viennent pour quelques heures, une journée ou plusieurs semaines. Des gens du quartier se proposent aussi de nous aider.  » (Article Le Parisien).

Potion magique...(Pix Tat)

Pix Tat

Pix Tat

Les bénévoles (Pix Mouarf)

Pix Mouarf

Pix Tat

Pix Mouarf

Pix Tat

Pix Tat

Pix Tat

Pix Tat
Les collages ont fait voyager 70 femmes à travers des portraits en noir et blanc réalisés en Inde, au Cambodge, au Kenya, au Brésil...

Pix Thias

Pix Thias
Pix Tat


Pix Tat

Pix Tat

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Pix Mouarf
Pix Thias

Pix Thias
Les collages ont fait parler les murs… La particularité de l’exposition était la présence de « street audioguide » accessible gratuitement à toute personne possédant un téléphone portable. Il était ainsi possible de rentrer dans l’intimité de ces femmes en écoutant leurs histoires.
 
Soutenu par la mairie du IVe arrondissement, le projet n’a pas été si simplement accepté. « Il a fallu convaincre la Ville, la Préfecture de police, effectuer des tests pour s'assurer qu'il n'y aurait pas d'effets néfastes pour la pierre à cause de la colle ou de l'eau lors du nettoyage. » (article le parisien).
Au final, le projet a fait réagir le public : certains étaient émerveillés d’autres étaient moins enthousiastes. JR a immortalisé cet événement à travers une vidéo qui dévoile l’immensité du travail mais aussi les regards des badauds….
Pix Thias

Pix Thias
Pix Tat

Pix Tat

Pix Thias



Puis naturellement, la parure murale s’est enlevée…


Pix Tat
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Décorateur des villes
Un projet aux mesures de la ville  et qui s’adapte à ses murs... Les collages de JR, montre bien que la rue est la galerie de l’artiste. L’an dernier, il était ainsi invité aux conférences "Art [espace] public" organisé à la Sorbonne. Sous une rencontre intitulée "Un monde qui nous regarde", JR avait expliqué son projet et sa démarche à la fois politique, sociale mais aussi artistique.

Pix Thias

Pix Tat

Le PGC était présent et a pu écouter son discours qui dévoile toute la force de son projet. Le dossier documentaire  retrace cette rencontre avec l’artiste et apporte de nombreuses informations sur son travail.

JR à la Sorbonne, avec en fond des photos du projet "Face2Face" (Pix Thias)

Pix Thias

Dans les salles obscures
Le long métrage était une des particularités du projet. Une sorte de bouquet final à portée internationale.
Pour JR, « L’idée de passer au film, elle a toujours existé (…), ça permet d’un coup de rentrer derrière l’image ». Il ajoute « passer derrière l’image c’est découvrir toute la force du projet » (entretien Médiapart )
Ce film n’avait pas pour objectif de le mettre en avant bien au contraire « Il ya eu des films fait sur mon travail mais au final les réalisateurs me suivaient moi en tant qu’artiste au milieu de ces contextes. Et ce film là, je l’ai réalisé justement pour ne pas être dedans, ce n’est pas un making off, (..) c’est un film où je n’existe pas dedans ni l’équipe d’ailleurs. Il est vraiment centré sur les gens, les gens dans la rue ». En effet, aucune image ne le dévoile dans le film. On peut juste reconnaitre sa voix qui interroge un habitant de Kibéra.

Pour JR, «Women are heroes» [lui] a permis de tenir la promesse qu'[il] a faite aux femmes qui ont participé à [s]on projet, consistant à raconter leur histoire partout dans le monde. C’est ce qu’elles m’ont demandé dans le bidonville de Kibéra et dans la favela de Morro da Providencia. ». (dossier de presse du film)

Affiche du film

Financement
Une des particularités de JR, et il le proclame à maintes reprises en écho à ses détracteurs, c’est l’autofinancement de ses projets. L’argent qu’il gagne avec la vente de ses photos (pour certaines à plus de 30 000 $ lors d'une vente à New York), il le réinvestit dans ses projets. Ce qui lui a permis de financer le projet de l’île St Louis qui s’élevait à 130 000 euros (source Le Parisien).

Comme le souligne le générique du film, ces projets ne sont sponsorisés par aucune marque. Pour la réalisation du documentaire, de nombreuses coproductions ont permis son financement (le budget du film s’élèverait à 800 000 euros). Mais, il faut tout de même préciser qu’il a failli ne pas voir le jour. C’est sa nomination au festival de Cannes (Semaine de la critique) qui à permis à "Women are heroes" de faire revenir un des coproducteurs qui s’était retiré du projet. JR se souvient : « Et à un moment, un des coproducteurs c’est retiré et on était vraiment au bord du gouffre par ce qu’il manquait une grosse somme. Et pour moi il était clair, que vu que c’était seulement une marque qui était prête à mettre cet argent (...) pour moi j’ai préféré qu’il n’existe pas plutôt qu’avec un logo à la fin ou au début. C’est essentiel pour la manière dont les gens vont percevoir le message de ce film et du projet. Et ce qui nous a sauvé, c’est qu’au moment où tout tombait, le film a été sélectionné à Cannes et les autres coproducteurs sont revenus dans la partie et on a pu terminer le film » (entretien Médiapart).

Mais, d’un point de vue tout simplement graffiti et street art, la médiatisation du travail de JR apporte il un changement dans les consciences ou est ce juste un effet de mode ? 
Un changement dans les consciences… pas totalement comme le montre encore certain regard négatif sur les collages de l’île Saint-Louis dans la vidéo de la Nuit Blanche, mais une légère avancée avec notamment les démarches de la mairie pour soutenir ce projet ou encore le fait qu’un colleur d’affiche, comme aime ce qualifier JR, reçoit le TED prize. En effet, après Bill Clinton ou encore Bono, c’est JR qui a été récompensé en tant que personnalité ayant marqué l’année 2011 par son implication dans "la technologie, le divertissement et le design". Le lauréat reçoit 100.000 dollars, et a pour mission de réaliser un projet caritatif. Ce prix ne va pas changer les démarches de l’artiste qui le jour où il a reçu ce prix se « faisait arrêter par les autorités chinoises à Shanghai pour avoir placardé des photos sans autorisation ». (source Clarkmagazine et NewYork Times). Nous attendrons le mois de mars pour connaitre le "vœu" de l'artiste...

Avec "Women are heroes", il en vient aussi à poser notre regard sur la place actuelle du graff et du street art dans les salles obscures. Depuis un an, on a pu voir trois longs métrages à l’affiche."Whole Train", qui à trouvé, au bout de deux ans, un distributeur pour diffuser son film dans les salles françaises, mais aussi "Faire le Mur "de Banksy et "Women are heroes". Même si ces films ne restent pas longtemps à l'affiche (deux semaines pour "Whole Train") et même si ce sont bien plus les têtes d'affiches (Banksy et JR) que le graff ou le street art qui attirent l'industrie cinématographique, on espère croire que des producteurs et des distributeurs seront de plus en plus intéresses à soutenir des projets liés à cet art.


Billet Syl, Pix Tat, Mouarf et Thias
Site de JR
Entretien Médiapart
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